La France aux deux visages

14 novembre 2014 - Le paysage dressé par les données de l’Observatoire des inégalités est double. D’un côté, la France du progrès. De l’autre, celle pour qui ces progrès sont de moins en moins bien partagés. L’Observatoire des inégalités publie une note de synthèse sur les écarts qui se creusent dans notre société.


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Le paysage dressé par les données de l’Observatoire des inégalités est double. D’un côté, la France du progrès. Globalement les revenus augmentent, les conditions de vie s’améliorent, les Français sont mieux formés et vivent plus longtemps. La démocratisation de l’accès à Internet se poursuit. Mais, de l’autre côté, ces progrès sont de moins en moins bien partagés. Les plus riches ont vu leurs revenus s’envoler avant la récession, même si elle a entraîné une baisse des revenus financiers et de l’intéressement aux résultats des entreprises. La crise a modéré les hausses mais a entraîné un phénomène nouveau : le décrochage par le bas des catégories populaires.

Les revenus des plus défavorisés diminuent désormais, du jamais vu depuis les années 1970. Il s’agit d’un tournant historique. L’enrichissement d’une partie des « super-riches » a été considérable, mais le problème de la France aujourd’hui n’est plus là, c’est un fossé croissant entre les catégories populaires et les couches aisées au sens large, qui se creuse.

En même temps, les plus cultivés s’acharnent à défendre l’un des systèmes éducatifs les plus inégalitaires parmi les pays riches. Et cela fonctionne : les scolarités s’allongent surtout pour les plus diplômés. D’une manière générale, les périodes de ralentissement économique durcissent la compétition, ce qui profite aux plus favorisés. La situation des moins qualifiés, des femmes et des précaires ne se dégrade pas, mais les progrès des années précédentes sont stoppés.

Cette situation est-elle conjoncturelle ou durable ? L’impact de la crise économique est majeur, et une reprise durable aurait sans doute pour effet d’atténuer la baisse des revenus des plus démunis. Encore faudrait-il qu’elle advienne. Il ne faut pas oublier par ailleurs que les politiques publiques de baisses d’impôts ont, pendant toute la décennie 2000, considérablement accru les inégalités de niveaux de vie  .

Cette note a été rédigée à l’origine pour le compte de la Fondation Abbé Pierre, partenaire de l’Observatoire des inégalités.

« La France aux deux visages », Notes de l’Observatoire, n°3, novembre 2014, ISSN 2272-0863.

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Date de rédaction le 14 novembre 2014

Dernière révision le 13 janvier 2015

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