Conditions de vie



Espérance de vie : avantage aux femmes

21 août 2015 - En France, les femmes vivent toujours plus longtemps que les hommes. Mais depuis les années 1990, l’écart se resserre, notamment en matière d’espérance de vie en bonne santé.


Etat des lieux

En moyenne, les garçons nés en 2014 peuvent compter vivre 79,3 ans et les filles 85,5 ans, compte tenu des conditions de mortalité du moment (voir encadré), soit 6,2 années d’écart en faveur des femmes. Les hommes âgés de 60 ans en 2014 peuvent compter sur 23,2 ans d’espérance de vie et les femmes du même âge 27,7 ans, soit 4,5 années d’écart. En raison de leur espérance de vie plus longue, les femmes qui ont travaillé profiteront donc davantage de la retraite que les hommes. Très peu d’indicateurs sont favorables aux femmes, mais celui-ci est sans doute l’un des plus importants [1]. De nombreux facteurs expliquent cet avantage féminin, au-delà de la génétique. La socialisation des filles leur apprend à être plus attentives à leur corps et à leur santé. Hommes et femmes se distinguent encore par leur consommation de produits nocifs à la santé (tabac et alcool), ainsi que les conduites à risques, notamment sur la route. Surtout, les femmes occupent des emplois moins pénibles et jusqu’aux générations récentes, ont eu des carrières professionnelles plus courtes.


Définition de l’espérance de vie

L’espérance de vie est la durée de vie moyenne une année donnée en fonction des conditions de mortalité du moment. C’est un indicateur fictif, d’où l’emploi du terme "espérance". En réalité, les bébés qui naissent à un moment donné vivront en moyenne très probablement davantage (sauf catastrophe) que ce que les chiffres indiquent : au cours de leur vie ils connaîtront des conditions de mortalité moins défavorables qu’au moment où ils naissent car l’espérance de vie progresse partout dans le monde.

L’évolution

L’écart d’espérance de vie s’est considérablement creusé entre 1950 et la fin des années 1980 entre les femmes et les hommes : de + 5,8 années à + 8,3 années en faveur des femmes. Depuis, cet écart diminue entre les deux sexes pour atteindre + 6,2 années en 2014. Entre 2000 et 2014, l’espérance de vie à la naissance a davantage progressé pour les hommes (+ 4 années) que pour les femmes (+ 2,7 années).


L’espérance de vie en bonne santé

L’avantage féminin doit être relativisé quand on considère l’espérance de vie en bonne santé à la naissance, c’est-à-dire sans limitation d’activités ou sans incapacité majeure. L’écart entre les hommes et les femmes est beaucoup plus faible et se réduit même fortement depuis le milieu des années 2000. En 2011, les femmes pouvaient espérer vivre en bonne santé 0,9 année de plus que les hommes, contre 2,4 années en 1995, 1,6 année en 2006. Entre 1995 et 2011, les femmes ont gagné 1,2 année d’espérance de vie en bonne santé soit un gain deux fois moins élevé, sur la même période, que les hommes qui bénéficient en 2011 de 2,7 années d’espérance de vie supplémentaire qu’en 1995. Attention toutefois : le niveau de santé est ici évalué par les personnes interrogées et non par le système de soins. Un même état peut aboutir à des réponses différentes dans le temps ou selon les personnes.

Espérance de vie en bonne santé à la naissance
Selon le sexe
Unité : années
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004*
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
Evolution 1995-2011
Femmes62,462,563,162,863,363,263,363,763,964,364,664,464,464,663,563,463,61,2
Hommes60,059,660,259,260,160,160,560,460,661,562,362,862,862,762,861,862,72,7
Ecart femmes/hommes2,42,92,93,63,23,12,83,33,32,82,31,61,61,90,71,60,9
*Rupture de série
Source : Insee - © Observatoire des inégalités, France métropolitaine

Pour en savoir plus :

- Espérance de vie et espérance de vie en bonne santé, Dossiers - Développement durable - Insee, février 2015.

- Bilan démographique 2012, Insee Première N°1429 - Insee, janvier 2013.

- Les espérances de vie en bonne santé des Européens, Population et sociétés - n° 499
Ined, avril 2013.

photo / © Liaurinko - Fotolia.com

Notes

[1Bizarrement, c’est aussi l’un des seuls indicateurs qui n’est quasiment jamais calculé en moyenne pour l’ensemble des sexes.

Date de rédaction le 16 août 2011

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