Hommes et femmes



Mandats locaux : les femmes mieux représentées

8 mars 2016 - Trois femmes sont présidentes d’un conseil régional, six sont maires d’une ville de plus de cent mille habitants. Malgré la parité imposée par la loi dans les assemblées locales, les exécutifs restent peu accessibles aux femmes.


Depuis les élections de 2014, la part de conseillères municipales est de 40,3 %, toutes tailles de communes confondues, contre 35 % en 2008. Elles représentent près de la moitié (48,1 %) des conseillers municipaux des villes de plus de 1 000 habitants soumises aux contraintes de la loi sur la parité [1], selon les données du ministère de l’Intérieur.

Malgré ces chiffres encourageants, seuls 16,1 % des maires sont des femmes [2]. Elles représentent 11 % des maires des communes de 30 000 à 100 000 habitants et 14,6 % de celles de 100 000 habitants et plus. Paris, dont la maire est une femme, est une exception qui masque l’absence de femmes à la tête des grandes métropoles. Les conseils communautaires (communautés de communes, d’agglomération, urbaines et métropoles) et leurs exécutifs, dont les membres sont élus au suffrage universel direct depuis 2014, sont à l’image des communes en matière de représentation des femmes : seulement huit femmes sont à leur tête, elles sont représentées à hauteur de 18 % dans les exécutifs et seuls 8 % des conseils communautaires ont au moins 40 % de femmes en leur sein, selon le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes [3].

Il en est de même pour les régions et les départements. Avec la loi du 17 mai 2013 imposant la parité notamment pour les élections départementales, la moitié des conseillers départementaux sont des femmes depuis les élections de mars 2015, contre 8,6 % en 1998. Au niveau régional, on compte 47,8 % de femmes conseillères depuis 2015 alors qu’elles n’étaient que 27,5 % en 1998. La progression du nombre de conseillères dans ces instances ne s’est cependant pas traduite par une répartition paritaire des exécutifs : les femmes ne sont que dix à la tête d’un département. Si leur part est importante au niveau des vice-présidences, elles restent cantonnées à des portefeuilles le plus souvent stéréotypés (enfance, famille, collèges…). La part des femmes à la tête de conseils régionaux a bondi de 7,7 % en 2010 à 18,8 % en 2015. On doit cette forte évolution à la diminution du nombre de régions : les femmes présidentes de région sont passées de deux pour 26 régions en 2010 à trois pour 13 régions en 2015.

Les hommes ont certes cédé une partie de leurs sièges au niveau local, mais pas les postes de direction. Les femmes peinent encore à briser le plafond de verre qu’elles rencontrent en politique, malgré la mise en place de contraintes législatives.




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Notes

[1L’adoption de la loi du 17 mai 2013 rend désormais obligatoire la parité pour les communes de plus de 1 000 habitants lors des élections municipales, départementales et régionales.

[2Source : « Les collectivités locales en chiffres 2016 », portail de l’État au service des collectivités locales.

[3« Parité au niveau local : en l’absence de contraintes légales, le partage des responsabilités s’arrête aux portes du pouvoir », Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, février 2017.

Date de rédaction le 17 juin 2012

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