Français et étrangers



Les catégories sociales des étrangers

15 décembre 2010 - 66 % des Turcs et 52 % des Marocains actifs en France sont ouvriers, contre 23 % des Français de naissance. 6 % sont cadres, contre 15 % des Français.


Dans leur immense majorité, les actifs étrangers vivant en France (1,6 million de personnes) sont de condition très modeste. 66 % des Turcs, 52 % des Marocains, 47 % des Portugais, sont ouvriers, contre 23 % des Français de naissance. A l’inverse, la part de cadres chez les actifs étrangers (hors Union européenne) est deux fois moins importante que chez les Français de naissance. Chez les Turcs, elle n’est que de 2 %.

Plusieurs facteurs expliquent ces écarts. Une partie des étrangers est arrivée depuis peu sur le sol français, connaît en particulier des problèmes de langue, ce qui ne facilite pas l’accès aux postes d’encadrement. Le niveau de qualification des migrants est plus faible que la moyenne nationale, et, qui plus est, certains n’arrivent pas à faire reconnaître leur diplôme en France. Même si l’effet est limité, une partie des étrangers est victime - à l’embauche comme tout au long de la vie professionnelle - de discriminations spécifiques. Enfin, des millions d’emplois du secteur public ou des professions libérales sont interdits aux étrangers, leur barrant la route de l’insertion dans le monde du travail.

Actifs par catégorie socioprofessionnelle et par nationalité
Unité : %
Agriculteurs exploitants
Artisans, commerçants, chefs entreprise
Cadres, professions intellectuelles supérieures
Professions intermédiaires
Employés
Ouvriers
Ensemble
Français de naissance2515252923
Autres nationalités de l'UE (à 27)2102825201514
Autres nationalités d'Europe16161927314
Autres nationalités d'Afrique04713413513
Autres nationalités071917312611
Portugais08411304718
Italiens112211920274
Espagnols18182126283
Algériens07612324311
Marocains06610265211
Tunisiens0981025494
Turcs0122714665
Ensemble2615242924

Source : Insee - Données 2007 - © Observatoire des inégalités, France métropolitaine


Photo / © Tommy - Fotolia.com

Date de rédaction le 15 décembre 2010

© Tous droits réservés - Observatoire des inégalités - (voir les modalités des droits de reproduction)

Soutenir l'Observatoire des inégalités

Sur le même sujet

Cinq millions d’emplois demeurent fermés aux étrangers non européens

19 avril 2017
Plus d’un emploi sur cinq, soit 5,4 millions de postes de travail, demeurent inaccessibles aux étrangers non européens en France.

Les discriminations à l’embauche persistent en France

14 mars 2017
Selon un testing réalisé auprès d’entreprises à l’occasion d’embauches, le choix des employeurs se porte deux fois plus sur une candidature dite « hexagonale » que sur un candidat « maghrébin ». Les discriminations à l’embauche persistent en France.

Chômage des immigrés : le poids des inégalités sociales et des discriminations

23 mars 2016
Près d’un cinquième des immigrés sont au chômage, contre un dixième des Français nés en France.

Emploi : les immigrés discriminés ?

12 août 2014
22 % des immigrés originaires d’Afrique étaient au chômage en 2012, contre 8,6 % des actifs non issus de l’immigration. Un écart qui s’explique par des discriminations mais aussi par bien d’autres facteurs.

Mobilité sociale : les enfants d’immigrés font aussi bien que les autres

9 octobre 2012
42,1 % des enfants d’immigrés deviennent ouvriers contre 30 % des personnes sans ascendance directe immigrée. Mais cet écart s’explique davantage par les positions sociales défavorisées de leurs parents que par leur origine géographique.

Les enfants d’origine étrangère peinent à trouver un emploi

24 août 2010
77 % des jeunes occupent un emploi en moyenne trois ans après la fin de leurs études, mais c’est le cas de 66 % des enfants dont les deux parents sont nés à l’étranger.

Mesure des discriminations à l’embauche par testing

3 septembre 2009
La couleur de la peau, le sexe, le patronyme influent sur la probabilité de trouver un emploi. Des opérations de testing permettent de toucher du doigt les discriminations subies dans le monde du travail.

Discriminations à l’embauche des jeunes d’origine immigrée

13 juin 2007
Un candidat de nationalité française avec un nom et un prénom français a, en moyenne, entre 1,5 et 3 fois plus de propositions d’entretien d’embauche qu’un français d’origine marocaine.

FERMER