Questions clés


La pauvreté en Europe : état des lieux

Le tour de la question

Les inégalités entre les femmes et les hommes en France

Où en est-on des inégalités entre les femmes et les hommes ? L’Observatoire des inégalités présente son tableau de bord.

Qui sont les pauvres en France ?

La moitié des pauvres ont moins de trente ans, autant disposent au maximum du brevet des collèges, plus d’un quart vivent au sein d’une famille monoparentale. Portrait de la pauvreté en France.

Portrait social des classes

Des revenus à l’éducation, en passant par le logement ou la santé, les inégalités entre classes sociales continuent à structurer notre société. Une synthèse des données qui séparent les cadres supérieurs des ouvriers.

Qui sont donc les classes moyennes ?

Les classes moyennes occupent le débat public. Mais de qui parle-t-on exactement ? Quelques éléments pour tenter d’y voir plus clair. Par Valérie Schneider et Louis Maurin de l’Observatoire des inégalités.

La situation des zones urbaines sensibles

Des écarts énormes existent entre les Zones urbaines sensibles et le reste du territoire des agglomérations où elles se situent. La situation de l’emploi y est particulièrement difficile. Les niveaux de vie de ces quartiers sont très inférieurs à la moyenne. Le tour de la question par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités. Extrait du Centre d’observation de la (...)

Rentrée scolaire : où en est-on des inégalités à l’école ?

L’école française, pourtant performante, demeure marquée par de fortes inégalités. Pour mieux comprendre où en est le système éducatif français en matière d’inégalités, l’Observatoire des inégalités propose une synthèse et une sélection de données chiffrées et d’analyses.

Vacances des jeunes, les écarts s’accroissent

Si les vacances se sont démocratisées ces cinquante dernières années, un quart des jeunes de moins de 19 ans n’ont pas la possibilité de partir de leur domicile pendant les congés. Les écarts s’accroissent même entre les catégories sociales. Le tour de la question par l’Observatoire des inégalités.

Les inégalités entre les femmes et les hommes en Europe

Les inégalités entre les femmes et les hommes se réduisent en Europe, mais nous sommes loin de l’égalité et les situations sont contrastées d’un pays à l’autre. Le tour de la question par l’Observatoire des inégalités.

Qu’est-ce qu’une fiscalité juste ?

Pour la plupart des citoyens, le débat public sur les impôts est incompréhensible. Le système fiscal repose en effet sur une multitude de prélèvements complexes, dont les principes de fonctionnement sont différents. Quelques clés de lecture. Par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

La pauvreté en Europe : état des lieux

16,4 % de la population européenne est pauvre. Suivant le pays, l’âge, le sexe ou encore l’origine, les taux de pauvreté varient considérablement…

Comment vivent les Européens ?

C’est en Europe qu’il fait le mieux vivre au monde. Mais de grandes disparités existent entre les pays du continent.

Les vacances : les inégalités persistent

Près de la moitié des Français ne partent pas en vacances. Les catégories les plus aisées partent davantage et plus souvent.

Inégalités : que peuvent faire les départements ?

Les élections cantonales ont lieu les 20 et 27 mars prochains. Enjeu : la gestion des 101 départements français qui ont un rôle important à jouer dans le domaine de la réduction des inégalités. Les explications de Valérie Schneider et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.

Dossier spécial : les travailleurs pauvres

Qui sont les travailleurs pauvres ? Comment mesure-t-on leur nombre ? Combien sont-ils en France, en Europe et dans le monde ? L’Observatoire des inégalités propose un dossier spécial pour faire le tour de la question.

Comment se construisent les inégalités sociales de santé ?

Comment expliquer qu’un cadre à 35 ans ait une espérance de vie de 46 ans, alors qu’un ouvrier du même âge ne dispose que de 39 années à vivre en moyenne ? Le tour de la question des inégalités sociales de santé, par Pierre Volovitch de l’Observatoire des inégalités.

Lutte contre la pauvreté dans le monde : où en est-on ?

L’organisation des Nations Unies (ONU) organise du 20 au 22 septembre 2010 le Sommet des Objectifs du millénaire pour le développement. L’occasion de proposer une synthèse sur la pauvreté dans le monde. Par Cédric Rio, de l’Observatoire des inégalités.

Elections : dossier spécial inégalités en Europe

Le 7 juin prochain auront lieu les élections au suffrage universel direct des députés siégeant au Parlement européen. Que peut-on dire sur l’état des inégalités en Europe ? Une synthèse des principales données de l’Observatoire des inégalités.

16,4 % de la population européenne est pauvre. Suivant le pays, l’âge, le sexe ou encore l’origine, les taux de pauvreté varient considérablement…


  • L’état des lieux en 2010

16,4 % de la population, soit 80 millions de personnes, vivent sous le seuil de pauvreté dans l’Union européenne, si l’on prend en compte le seuil à 60 % du revenu médian   national, selon les données 2010 (voir encadré). La République tchèque (9 % de la population), les Pays-Bas (10 %), l’Autriche et la Hongrie (12 %) font partie des pays où la pauvreté est la plus faible. Avec un taux à 13,5 %, le niveau de pauvreté en France est également parmi les plus bas d’Europe, juste derrière les pays nordiques (autour de 13 %). Les taux les plus élevés, supérieurs à 20 %, sont observés en Europe de l’Est, en Roumanie et en Bulgarie. L’Espagne et la Grèce présentent des niveaux de pauvreté similaires, de l’ordre de 20 % : ces deux pays sont fortement touchés par la crise économique, et ont vu leur taux de chômage augmenter de manière considérable, notamment chez les plus jeunes. Attention toutefois, les seuils de pauvreté en euros peuvent varier très fortement selon les pays (voir ci-dessous).

En prenant en compte les seuils à 40 et 50 % du revenu médian national, les hiérarchies et les écarts entre les pays sont quelque peu bouleversés. Au seuil de 40 %, le taux de pauvreté du Danemark (5 %) est équivalent à celui du Royaume-Uni (5,5 %) : en proportion, il y a donc autant de « grande pauvreté » dans les deux pays. Cela signifie que l’écart se fait entre les deux pays non pas en bas de l’échelle de la pauvreté, mais pour les familles modestes. L’Espagne affiche le taux le plus élevé d’Europe (9,8 %), tandis que le taux français est identique au taux suédois (3,7 %), l’un des plus faibles du continent. Au seuil de 50 %, l’Espagne fait également partie des pays, avec la Bulgarie et la Roumanie, où la pauvreté est la plus élevée (autour de 15 %). Le taux de pauvreté du Royaume-Uni (9,8 %) est équivalent à la moyenne européenne (10 %), tandis que le taux français (7,4 %) est de peu supérieur à celui observé en Suède (7 %). Le niveau affiché le plus faible est aux Pays-Bas (4,9 %), devant la République tchèque (5,2 %) et la Finlande (5,5 %).

La pauvreté en Europe
Unité : %
Taux de pauvreté à 40 % du revenu médian
Taux de pauvreté à 50 % du revenu médian
Taux de pauvreté à 60 % du revenu médian
République tchèque2,95,29
Pays-Bas2,84,910,3
Autriche2,36,212,1
Hongrie2612,3
Suède3,7712,9
Finlande2,45,513,1
Danemark57,913,3
France3,77,413,5
Belgique4,17,914,6
Allemagne49,215,6
Royaume-Uni5,59,817,1
Pologne5,710,517,6
Portugal6,311,317,9
Italie6,911,618,2
Grèce7,312,420,1
Bulgarie9,215,220,7
Espagne9,814,420,7
Roumanie9,71521,1
Union européenne5,61016,4
Source : Eurostat - 2010
  • Les seuils de pauvreté en Europe

La pauvreté est mesurée de façon relative au niveau de vie   médian de chaque pays. Or les pauvres des pays riches ont des niveaux de vie   sans commune mesure avec ceux des pays pauvres. Le Royaume-Uni par exemple enregistre 17 % de pauvres, mais le seuil de pauvreté à 60 % est de 853 euros par mois et par personne contre 176 euros pour la Roumanie, qui compte 21 % de pauvres. Le seuil de pauvreté britannique est 2,8 fois plus élevé que le revenu médian roumain. Ces différents seuils sont calculés en standard de pouvoir d’achat   : ils prennent donc en compte les différences de niveaux de vie entre les pays. Les 10 % les plus riches qui vivent en Roumanie feraient partie des 10 % les plus pauvres au Royaume-Uni…

Le seuil pour un taux de pauvreté à 60 % le plus élevé est le seuil autrichien (958 euros par mois), devant les Pays-Bas et la Suède (seuils supérieurs à 900 euros). Le seuil de pauvreté français est parmi les plus élevés (877 euros [1]) tandis que le seuil de pauvreté roumain (176 euros) est le plus bas d’Europe.

Les seuils de pauvreté en Europe
(seuils mensuels)
Unité : euros
40 % du revenu médian
50 % du revenu médian
60 % du revenu médian
Autriche639798958
Pays-Bas620776931
Suède610762915
Allemagne592740888
Danemark590738885
France585731876
Belgique572715858
Royaume-Uni569711853
Finlande567709851
Italie504630756
Espagne444555666
Grèce413516620
République tchèque336420504
Portugal326408489
Pologne254317381
Hongrie220275330
Bulgarie202253303
Roumanie117147176
Source : Eurostat - 2010
Quel seuil de pauvreté choisir ?

Les taux de pauvreté correspondent à une proportion de la population totale qui vit avec un revenu disponible   inférieur au seuil de pauvreté. Celui-ci correspond à un pourcentage du revenu médian national, celui qui sépare la population en deux, la moitié recevant moins que ce revenu, l’autre plus.

Le seuil le plus utilisé équivaut à 60 % du revenu médian. Il s’agit d’une convention. Certains estiment que l’utilisation d’un seuil à 50 % est plus représentative, et que celui à 40 % permet de se focaliser sur la grande pauvreté. Pour d’autres, le seuil à 60 % constitue une définition plus large qui permet d’englober une population modeste, qui n’a pas accès à des éléments essentiels.

Pour en savoir plus : voir nos articles « Quel est le bon seuil de pauvreté » et « Huit millions de pauvres, un chiffre exagéré ».
  • La pauvreté selon le sexe

Dans l’ensemble de l’Union européenne, le taux de pauvreté des femmes est plus élevé que celui des hommes : il est de 17,1 % contre 15,7 % pour les hommes (données 2010). Les écarts de niveaux de pauvreté au détriment des femmes les plus importants s’observent en Roumanie, en Suède, en Autriche ou en Italie (environ trois points de pourcentage). A l’inverse, seule la Hongrie affiche un taux de pauvreté plus important chez les hommes pour un écart assez peu significatif (+ 0,6 point de pourcentage). Le Danemark et la Pologne sont les pays les plus égalitaires (0,3 point de pourcentage d’écart). Avec un écart de niveau de pauvreté de 1,3 point de pourcentage au détriment des femmes, la France se situe au niveau de la moyenne européenne.

La pauvreté selon le sexe en Europe
Unité : %
Total
Hommes
Femmes
Ecart en points de pourcentage
Danemark13,313,113,4+ 0,3
Hongrie12,312,612- 0,6
Pologne17,617,417,7+ 0,3
Roumanie21,120,721,4+ 0,7
Portugal17,917,318,4+ 1,1
Pays-Bas10,39,710,8+ 1,1
Espagne20,720,121,3+ 1,2
France13,512,814,1+ 1,3
Belgique14,613,915,2+ 1,3
Finlande13,112,413,8+ 1,4
Royaume-Uni17,116,417,8+ 1,4
Allemagne15,614,916,4+ 1,5
Grèce20,119,320,9+ 1,6
République tchèque9810+ 2
Italie18,216,819,5+ 2,7
Autriche12,110,713,5+ 2,8
Suède12,911,414,3+ 2,9
Bulgarie20,71922,3+ 3,3
Union européenne16,415,717,1+ 1,4
Source : Eurostat - 2010
  • La pauvreté selon l’âge

1- Les enfants de moins de 16 ans

20,2 % des enfants de moins de 16 ans sont pauvres en Europe. Les pays du Nord affichent les taux les plus bas, de 10 % pour le Danemark à 12,4 % pour la Suède. En revanche, les taux les plus élevés sont observés en Roumanie (31,3 %), en Bulgarie (26,4 %) ou encore en Espagne (25,3%). Le taux de pauvreté des jeunes de moins de 16 ans est inférieur à la moyenne européenne en France (18,4 %).

Les enfants pauvres ne le sont que parce qu’ils vivent dans une famille pauvre. Soit parce que les revenus de la famille sont faibles (bas salaires, chômage, précarité, temps partiel…), soit parce que les membres de cette famille sont nombreux à se partager un (en cas de famille monoparentale) ou deux revenus. Les Etats qui offrent un niveau de protection social plus élevé réduisent en partie la dépendance de la pauvreté à la situation familiale.

2- Les jeunes adultes

Le taux de pauvreté des personnes âgées de 16 à 24 ans est de 21,6 % en moyenne en Europe, toujours au seuil de 60 %. Les taux les plus faibles sont observés en République tchèque (12,9 %) ou encore en Autriche (13,1 %). Le taux de pauvreté français est supérieur à la moyenne européenne (23,1 %). Essentiellement pour des raisons méthodologiques, les pays du Nord sont en queue de peloton (voir encadré). En revanche, la situation des jeunes en Grèce (27,8 %) est plus préoccupante.

Ces taux sont largement supérieurs aux taux de pauvreté pour tous les âges dans la plupart des pays européens. Cela s’explique notamment par des difficultés à trouver un emploi, et qui plus est un emploi stable : les jeunes ont une probabilité plus grande d’occuper des emplois précaires, à durée déterminée ou à temps partiel, et sont également davantage exposés au chômage. Or, les emplois précaires ont fortement augmenté ces dernières années et le chômage explose dans certains pays (le taux de chômage des jeunes espagnols atteint presque 50 % par exemple...).

Attention toutefois : ces données sont largement discutables, notamment en raison des différences de méthodologie. Certains pays ne prennent pas en compte dans leurs calculs les étudiants, d’autres le font. De plus, les pays à forte proportion étudiante (comme c’est le cas des pays du Nord) et qui les incorporent dans le calcul, affichent mathématiquement des taux de pauvreté importants : les étudiants vivent souvent seuls et on mesure très mal les aides qu’ils reçoivent de leurs parents notamment.

3- Les adultes en âge de travailler

14,8 % des Européens âgés de 25 à 49 ans et 13,5 % de ceux âgés de 50 à 64 ans sont pauvres. Les taux les moins élevés sont observés en République tchèque, aux Pays-Bas ou dans les pays du Nord. En revanche, on retrouve les taux les plus élevés en Roumanie (20,3 %), en Espagne (18,6 %) ou encore en Grèce (18,1 %). Avec des taux de 12,3 % et de 8,4 %, la France fait mieux que la moyenne européenne dans ces deux classes d’âge.

Pour l’ensemble des pays, ces taux de pauvreté sont équivalents aux taux moyens, toutes classes d’âge confondues. Les données sur la pauvreté pour cette catégorie d’âge offrent sans doute le meilleur aperçu de la situation en Europe, moins sensible aux différences de méthodologie. A noter notamment que le taux de pauvreté en Bulgarie est aujourd’hui moins important que dans des pays comme la Grèce, l’Espagne, pays fortement touchés par la crise, voire même l’Italie, même si les seuils de pauvreté sont tout de même très différents.

4- Les personnes âgées

15,9 % des Européens âgés de 65 ans ou plus sont pauvres. C’est en Hongrie que le taux est le plus faible (4,1 %), devant les Pays-Bas (5,9 %) et la République tchèque (6,8 %). Le taux de pauvreté français est aussi parmi les plus bas d’Europe (9,7 %). A l’inverse, les taux les plus élevés sont observés en Bulgarie (32,2 %), soit plus de 10 points de pourcentage que le taux de pauvreté moyen dans ce pays. Les pays du Nord de l’Europe ou encore l’Autriche ont également des écarts importants entre le taux de pauvreté tous âges confondus et le taux des plus âgés. Il est de 21,7 % en Espagne et de 21,4 % au Royaume-Uni.

Le niveau de vie des personnes âgées qui sont à la retraite dépend du niveau de pension qui leur est reversée… Le montant dépend de l’activité professionnelle passée et des niveaux de revenus : celles et ceux qui ont occupé un emploi peu qualifié ou qui ont travaillé à temps partiel, ou ont eu des carrières incomplètes (notamment les femmes) touchent des pensions souvent plus faibles. Tous les pays n’offrent pas le même niveau de pensions aux retraités et notamment de prestations minimales.

La pauvreté selon l'âge en Europe
(60 % du revenu médian)
Unité : %
Total
Moins de 16 ans
De 16 à 24 ans
De 25 à 49 ans
De 50 à 64 ans
65 ans ou plus
République tchèque913,612,986,86,8
Pays-Bas10,313,518,69,37,65,9
Autriche12,114,713,110,69,415,2
Hongrie12,320,117,912,78,64,1
Suède12,912,426,910,65,915,5
Finlande12,111,223,39,910,318,3
Danemark13,310,732,211,65,717,7
France13,518,423,112,38,49,7
Belgique14,618,514,811,412,319,4
Allemagne15,617,219,114,11714,1
Royaume-Uni17,12021,213,714,421,4
Pologne17,622,121,716,116,314,2
Portugal17,920,921,914,916,121
Italie18,224,324,217,713,116,6
Grèce20,122,327,818,117,321,3
Bulgarie20,726,420,315,815,632,2
Espagne20,725,325,318,618,121,7
Roumanie21,131,325,320,314,316,7
Union européenne16,420,221,614,813,515,9
Source : Eurostat - 2010
  • La pauvreté selon l’origine

Le taux de pauvreté des immigrés nés hors de l’Union européenne est de 26,9 %, de 22,8 % pour l’ensemble des immigrés, contre 14,8 % pour les Européens qui vivent dans leur pays d’origine. Les écarts selon l’origine les plus importants sont observés en Grèce, en Belgique ou encore en Finlande : l’écart de taux de pauvreté entre les immigrés et les autres oscille autour de 20 points de pourcentage, et entre 25 et 28 points entre les personnes nées hors de l’Union européenne et celles nées dans le pays dans lequel ils vivent. Dans les deux cas, l’écart en France est plus important que l’écart moyen en Europe : 26,8 % des immigrés nés hors d’un pays de l’Union européenne sont pauvres, contre 10,8 % pour les personnes nées en France.

Ces différences s’expliquent par de très nombreux facteurs. Dans certains pays, une partie des emplois sont interdits aux étrangers, ce que sont la plupart des immigrés (exceptés ceux qui ont été naturalisés). Les migrants des différents pays ne sont pas de même origine sociale, ou de même âge moyen : ainsi les immigrés vivant en France sont en moyenne moins qualifiés, par exemple. Enfin, les conditions d’accès à la protection sociale en fonction de la nationalité diffèrent selon les pays.

La pauvreté selon l'origine
au seuil de 60 % du revenu médian
Unité : %
Pays d'origine
Total Immigrés
Immigrés nés au sein de l'Union européenne
Immigrés nés hors de l'Union européenne
Ecart entre pays d'origine et total immigrés
Ecart avec pays d'origine et immigrés nés hors de l'Union européenne
Hongrie10,56,46,46,7- 4,1- 3,8
Pologne16,714,710,117,6- 2+ 0,9
Portugal171611,817,2- 1+ 0,2
République tchèque7,711,112,46,4+ 3,4- 1,3
Allemagne1518,513,626,9+ 3,5+ 11,9
Bulgarie19,525,630,323,3+ 6,1+ 3,8
Royaume-Uni15,422,211,826,8+ 6,8+ 11,4
Pays-Bas8,315,413,115,9+ 7,1+ 7,6
Espagne18,927,822,630+ 8,9+ 11,1
Italie16,1272527,8+ 10,9+ 11,7
Suède11,222,216,725,8+ 11+ 14,6
France10,82315,226,8+ 12,2+ 16
Danemark1326,623,128,6+ 13,6+ 15,6
Autriche9,223,315,228,2+ 14,1+ 19
Finlande12,931,117,938,3+ 18,2+ 25,4
Belgique10,829,519,239,2+ 18,7+ 28,4
Grèce17,340,431,442,6+ 23,1+ 25,3
Union européenne14,822,815,926,9+ 8+ 12,1
Population : 18 ans et plus.
Source : Eurostat - 2010
  • La pauvreté selon le type de ménage

Les ménages les plus concernés par la pauvreté en Europe sont les familles monoparentales : 36,9 % des ménages de ce type sont touchés par la pauvreté en 2010. 26 % des ménages comprenant deux adultes avec trois enfants ou plus à charge sont pauvres, comme 25 % des personnes vivant seules, 14,9 % des ménages comprenant deux adultes avec deux enfants dépendants, et enfin 11,3 % pour deux adultes sans enfant.

Les taux de pauvreté les plus faibles pour les familles monoparentales sont observés au Danemark (20 %) et en Finlande (22 %). Avec un taux estimé à 35,7 %, la France se situe juste en dessous de la moyenne européenne. La Bulgarie (42,3 %), l’Allemagne (43 %) et l’Espagne (45,5 %) ferment la marche. Selon le type de ménage considéré, les écarts entre les pays peuvent être extrêmement importants : le taux de pauvreté pour les ménages comprenant deux adultes et trois enfants ou plus à charge atteint 65,2 % en Bulgarie et 60,4 % en Roumanie. Ce même taux est à peine supérieur à 11 % au Danemark et en Finlande.

L’importance du taux de pauvreté des familles monoparentales résulte du fait que leurs ressources reposent sur un seul revenu d’activité, qui se partage entre les membres de la famille. Mais là aussi, selon le niveau de protection sociale, les pays compensent partiellement cette situation.

La pauvreté selon le type de ménage
au seuil de 60 % du revenu médian
Unité : %
Total
Personne seule
Personne seule avec enfants dépendants
Deux adultes
Deux adultes avec deux enfants indépendants
Deux adultes avec trois enfants dépendants ou plus
République tchèque91837,74,28,720,9
Pays-Bas10,317,629,15,78,716,6
Autriche12,122,128,210,67,817,9
Hongrie12,313,228,15,914,627,8
Suède12,928,533,16,16,912,3
Finlande13,131,5227,17,411,8
Danemark13,327,1208,85,111,1
France13,516,835,77,910,821,1
Belgique14,618,835,313,210,616,5
Allemagne15,6304310,58,821,6
Royaume-Uni17,12736,412,912,227,4
Pologne17,624,534,212,419,832,8
Portugal17,930,13718,717,133,2
Italie18,224,337,311,620,837,2
Grèce20,127,233,419,920,326,7
Bulgarie20,750,942,319,920,365,2
Espagne20,725,745,517,623,344,2
Roumanie21,126,731,912,526,760,4
Union européenne16,42536,911,314,926
Source : Eurostat - 2010
La fiabilité des données européennes en question

Les données présentées ici sont proposées par Eurostat, l’organisme statistique officiel européen. Pour pouvoir comparer les pays, un outil commun d’enquêtes statistiques a été mis en place, nommé EU-SILC (European Union Statistics on Income and Living Conditions, Statistiques de l’Union européenne sur le revenu et les conditions de vie).

Mais cet outil est encore très perfectible, rendant discutable de telles comparaisons. Le problème principal tient au fait que deux méthodologies différentes sont appliquées pour recueillir les informations. Un premier groupe de pays (en particulier les pays du Nord de l’Europe) recueille les informations grâce à des registres administratifs, tandis qu’un second groupe (dans lequel on retrouve la France) les obtient grâce à des enquêtes et des interviews, soit par courrier, soit par téléphone. Dans tous les cas, les pays s’appuient sur des échantillons représentatifs de la population. Mais là encore, les moyens utilisés pour déterminer ces échantillons varient.

Des difficultés spécifiques à certaines tranches de la population viennent s’ajouter. C’est le cas par exemple pour les jeunes âgés de 16 à 24 ans. On mesure très mal les transferts internes à la famille, c’est-à-dire l’aide fournie par les parents pour que leurs enfants achèvent leurs études ou trouvent un premier travail… Certains pays ne comptabilisent pas les étudiants, tandis que d’autres les prennent en compte. C’est la raison pour laquelle le Danemark affiche le taux de pauvreté le plus élevé d’Europe pour cette tranche d’âge (32,2 %) : les étudiants sont pris en compte sans que les transferts internes à la famille puissent être bien déterminés…

Ces différences de méthodologie réduisent la pertinence des comparaisons entre les pays en Europe. Les écarts faibles entre pays ne sont donc pas représentatifs. Mais ces comparaisons restent utiles car elles offrent un aperçu global des inégalités entre les populations européennes, notamment entre les nouveaux membres (de l’Est de l’Europe) et les autres.

Photo / © pucci raf - Fotolia.com

Notes

[1Ce seuil ne correspond pas au seuil calculé par l’Insee, estimé à 954 euros pour l’année 2009. Cette différence s’explique par une différence de méthodes : l’Insee s’appuie sur les enquêtes fiscales, tandis qu’Eurostat procède à une enquête.

Date de rédaction le 19 mars 2012

Dernière révision le 22 janvier 2014

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