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L’accès au bac stagne, les inégalités entre catégories sociales persistent

Après plusieurs décennies d’augmentation, le taux d’accès au bac ne progresse plus. Alors que près de 90 % des enfants de cadres ou de professions intermédiaires obtiennent le bac, ce n’est le cas que de 70 % des enfants d’ouvriers ou d’employés. Extrait du Centre d’observation de la société.

Publié le 16 juin 2026

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Éducation Catégories sociales Niveau d’études Système scolaire

Près de 80 % d’une génération a atteint le niveau du bac en juin 2025 [1], contre un jeune sur dix dans les années 1960 [2]. Cette hausse est le fruit d’une politique d’investissement public dans l’éducation qui a commencé dès la fin des années 1950. À l’époque, la France, pays rural, était très en retard sur ses voisins. La période de la fin des années 1980 jusqu’au début des années 1990 a été particulièrement marquante : le taux d’accès au bac a doublé en dix ans, de 30 % à 60 %. Puis, entre le milieu des années 1990 et 2010, le taux de bacheliers a stagné, pour reprendre sa progression à la fin des années 2000.

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Depuis dix ans, si on met de côté la période de la crise sanitaire, le taux de bacheliers ne monte plus. La part de bacheliers de l’enseignement technologique est stable déjà depuis 30 ans, autour de 16 % d’une génération. Il faut dire qu’une partie des débouchés théoriques de cette filière dans l’enseignement supérieur (BTS et IUT notamment) est occupée par des bacheliers des filières générales. Pour les bacs pros, l’arrêt de la progression date du début des années 2010. Depuis, le taux se maintient autour de 20 %. La stagnation est plus récente pour la part de bacheliers de l’enseignement général, qui demeure autour de 43 % environ depuis 2019.

Lecture : en 2023, 79,6 % d'une génération a obtenu le baccalauréat.

Source : Ministère de l’Éducation nationale – © Observatoire des inégalités

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Des inégalités sociales qui persistent

73,8 % des enfants de cadres supérieurs et de professions intermédiaires nés entre 1972 et 1976 ont eu leur 75 % des enfants de cadres supérieurs et de professions intermédiaires nés entre 1974 et 1978 ont eu leur bac, contre 53 % des enfants d’ouvriers et d’employés. Pour la génération 1999-2003, les taux sont respectivement de 87 % et 71 %. L’accès au bac se démocratise, mais l’écart entre milieux sociaux est resté stable entre les générations nées dans les années 1970 et celles nées dans les années 1990. Cet écart s’est légèrement réduit au sein de la dernière génération, née entre 1997 et 2001, par rapport aux générations précédentes.

Cette évolution de l’accès au bac et le fait que la part de jeunes sortant sans diplôme diminue traduisent l’élévation des qualifications de la population. La stabilisation autour de 80 % de bacheliers depuis dix ans contredit la thèse de l’allongement linéaire des durées de formation. Déjà, le taux avait stagné durant un peu plus de dix ans entre 1995 et 2008.

Le processus global de démocratisation du bac est pour partie artificiel. Il s’est fait grâce au bac professionnel, qui ne permet pas d’accéder aux filières réputées de l’enseignement supérieur comme le bac général le permet, ni aux métiers les mieux rémunérés. Contrairement à une idée répandue, le bac général est loin d’être généralisé : 57 % des jeunes ne disposent pas de ce niveau de diplôme. Enfin, les groupes sociaux déterminés par le ministère de l’Éducation ici sont très larges, ce qui masque aussi des écarts importants en leur sein. Ainsi, le groupe des cadres supérieurs et professions intermédiaires comprend à la fois les classes moyennes et le haut de la hiérarchie sociale.

Lecture : 89,8 % des jeunes nés entre 1997 et 2021 dont les parents sont cadres ou professions intermédiaires ont obtenu le baccalauréat.

Source : Insee – © Observatoire des inégalités

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90 % de réussite au bac
Plus de 750 000 candidats passent les épreuves du baccalauréat chaque année. La plupart de ceux qui en sont là seront diplômés : le taux de réussite atteint près de 90 %, contre 75 % au milieu des années 1990. Cette évolution résulte de différents facteurs : l’élévation générale du niveau scolaire, une plus grande clémence des correcteurs, mais surtout une perception plus forte de l’enjeu scolaire par les élèves, dans un contexte de chômage et de précarité de l’emploi qui demeurent élevés. Dans leur très grande majorité, les candidats se préparent soigneusement à l’épreuve et récoltent les fruits de leurs efforts. Là aussi, des écarts existent entre catégories sociales : 95 % des enfants d’enseignants qui candidatent au bac général obtiennent leur diplôme contre 85,5 % des enfants d’ouvriers et 80 % de ceux dont les parents n’ont pas d’activité professionnelle.

Photo / CC Habib M’henni

Extrait de L’accès au bac progresse, mais les inégalités entre catégories sociales persistent, Centre d’observation de la société, 11 décembre 2025.


[1Les jeunes qui ont passé le bac en 2025 sont nés autour de 2007 (certains sont en avance, d’autres ont redoublé).

[2Des jeunes nés au début des années 1940.

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Date de première rédaction le 16 juin 2013.
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