Les sports d’hiver, une pratique de privilégiés
Moins de 10 % des Français partent en vacances l’hiver à la montagne, selon le Crédoc. À cette période de l’année, partir reste réservé à une petite minorité de la population, souvent très favorisée.
Publié le 21 février 2026
https://www.inegalites.fr/Les-sports-d-hiver-une-pratique-de-privilegies - Reproduction interditeSeuls 9 % des Français partent en vacances l’hiver à la montagne entre décembre et mars selon les données 2023 du Crédoc [1]. Ce niveau est quasiment le même que lors de la précédente enquête menée en 2010.
Les écarts sont très grands entre milieux sociaux. 20 % des cadres et 17 % des hauts revenus [2] vont en vacances d’hiver vers les sommets. C’est le cas seulement de 6 % des catégories populaires, ouvriers et employés, ou des bas revenus (inférieurs à 1 350 €). « Le profil des amateurs de sports d’hiver est plutôt aisé, jeune, urbain », résume le Crédoc.
Pour partir en vacances l’hiver, où que ce soit, il faut d’abord disposer de congés. Les cinq semaines annuelles de la majorité des salariés laissent peu de marge pour cela. Il faut aussi avoir un niveau de revenus conséquent. Quant à partir skier, c’est encore plus difficile. Les tarifs pour pratiquer le ski alpin sont prohibitifs, même si une partie des salariés des grandes entreprises disposent du soutien financier d’un comité d’entreprise et que d’autres utilisent leurs réseaux familiaux ou d’amis pour limiter leurs dépenses. Au total, selon l’Injep, seuls 10 % des Français pratiquent le ski alpin ou le snowboard au moins une fois dans l’année (données 2024-2025), 2 % sont des pratiquants réguliers.
Voyager en hiver s’inscrit aussi dans le cadre de loisirs propres aux catégories favorisées. On part d’autant plus en cette saison qu’on a l’habitude d’aller au cinéma, de rencontrer fréquemment des amis ou que l’on pratique régulièrement un sport. Réservés le plus souvent à des populations aisées et friandes d’activités en tous genres, partir plusieurs fois en vacances dans l’année constitue un signe de distinction sociale.
Les sports d’hiver occupent l’espace médiatique en février et mars parce que le tourisme est un enjeu économique, mais aussi parce que le ski fait partie des pratiques prisées par une partie des catégories favorisées. La fréquentation des stations [3] tend à diminuer lentement depuis la fin des années 2000, en dépit du développement de la clientèle étrangère. En revanche, les recettes ne cessent de progresser du fait de tarifs croissants.
Source : Crédoc - Données 2023 - © Observatoire des inégalités
Source : Crédoc - Données 2023 - © Observatoire des inégalités
Photo / DR
[1] « Moins d’un Français sur dix part aux sports d’hiver », Sandra Hoibian, Note de synthèse n°40, Crédoc, janvier 2024. Parmi eux, tous ne partent pas skier
[2] Supérieurs à 2 900 euros mensuels par foyer.
[3] Voir les données des Domaines skiables de France.
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